Différentes formes de tachycardie peuvent aujourd'hui être définitivement traitées par l'ablation des tissus responsables des anomalies de conduction électrique intracardiaque. Dans ce domaine, la cryoablation endocavitaire est une alternative de choix. |
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Les tissus cibles responsables d'une anomalie de la conduction peuvent être
détruits au moyen d'un cathéter, introduit par voie veineuse
ou artérielle, puis acheminé jusqu'aux cavités cardiaques.
Dans la technique classique, le tissu, une fois identifié, est
brûlé par un courant de radiofréquence.
Un concept technique doté de spécificités utilesLes cathéters de cryoablation, de diamètre 7 French, autorisent une utilisation pédiatrique et présentent classiquement quatre électrodes. Seule l'électrode distale peut réfrigérer les tissus jusqu'à - 80°C par la transformation liquide-gaz de protoxyde d'azote N2O.Une console pilote l'acheminement du N2O jusqu'à l'extrémité distale du cathéter. Les vapeurs produites retournent ensuite à la console puis sont évacuées de la salle. L'effet du froid sur la cellule est réversible
Lorsqu'une cellule est refroidie, elle subit d'abord une phase d'hypothermie
pendant laquelle ses propriétés de conduction électrique
sont altérées avant d'être supprimées. A ce stade
(entre + 32°C et + 5°C), le réchauffement de la cellule
conduit à la restauration de ses propriétés
électriques. Cette caractéristique permet :
L'architecture tissulaire est conservée Malgré la congélation des liquides extra- et intracellulaire, et la rupture des membranes cellulaires, la matrice de collagène du tissu est préservée. Le froid ne perfore pas les tissus et ne crée de thrombus qu'en nombre et volume limités[1]. L'excellente adhésion du cathéter au tissu optimise l'ablation L'interface électrode/tissu, portée à -80°C, est totalement solidifiée ; le cathéter ne peut se déloger de sa position pendant toute la durée de l'application (4 minutes). La zone d'ablation est extrêmement focalisée. L'ablation est indolore Selon la position du cathéter, la brûlure engendrée par la technique classique du courant de radio-fréquence peut déclencher une douleur plus ou moins bien supportée par le patient. Le froid inhibe les terminaisons nerveuses ; la perception de douleur est généralement nulle.
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![]() Quelles indications pour la cryoablation ?
La cryoablation s'adresse en priorité aux patients souffrant d'une
arythmie pour laquelle le tissu à l'origine du trouble conductif est
à proximité immédiate d'une structure naturelle de
conduction qu'il est essentiel de préserver, telle que le nud
auriculo-ventriculaire. Ces arythmies regroupent, par exemple, les tachycardies
par réentrées intra-nodales ou maladie de Bouveret, des faisceaux
de Kent (ou voies accessoires) en position antéro-, mid- ou
postéro-septales, ou encore le flutter commun pour lequel l'ablation
s'effectue par le froid de manière indolore.
Un taux de succès similaire à celui de la technique standard
Les résultats observés à court et moyen termes sont
sensiblement équivalents à ceux obtenus par la technique standard.
Par exemple, dans le cas des tachycardies par réentrées
intranodales, le succès de la cryoablation par une électrode
de 6 mm a été confirmé à un an chez 93 % des
patients traités[3].
Références 1. Khairy P, et al. Lower incidence of thrombus formation with cryoenergy versus radiofrequency catheter ablation. Circulation. 2003;107:2045-50. Epub 2003 Mar 31. 2. Sarabanda AV, et al. Efficacy and safety of circumferential pulmonary vein isolation using a novel cryothermal balloon ablation system. J Am Coll Cardiol 2005 15;46:1902-12. Epub 2005 Oct 20. 3. Jensen-Urstad M, et al. High success rate with cryomapping and cryoablation of atrioventricular nodal reentrytachycardia. Pacing Clin Electrophysiol 2006 ;29:487-9.
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Hôpital privé de Paris Essonne - Les Charmilles
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